La modulation d’un prêt immobilier : augmenter ou baisser sa mensualité

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Si on a l’habitude de comparer les différents frais engagés dans les prêts immobiliers pour en choisir le moins cher, on se tourne moins souvent vers les paramètres non quantifiables tels que la modularité du prêt alors que celle-ci est pourtant un élément essentiel durant toute la vie de votre crédit immobilier.

Voilà pourquoi nous vous exposons la modulation d’un prêt immobilier, c’est-à-dire de la possibilité d’augmenter ou de baisser votre mensualité de remboursement de prêt.

Les intérêts de la modulation d’un prêt immobilier

Pouvoir modifier vos mensualités à la hausse ou à la baisse présente de nombreux intérêts dans la mesure où un crédit immobilier plus que tout autre crédit est de nature à vous engager sur plusieurs années.

Or, votre condition de vie ainsi que votre situation financière peuvent changer en cours de remboursement. Il se peut que vous accédiez à un poste plus rémunérateur comme il est aussi possible que vous ayez plus d’obligations à respecter, ce qui entraine une baisse notable de vos revenus mensuels.

Ces changements vont forcément avoir leur impact sur votre capacité à respecter vos échéances de prêt et à vous acquitter de vos mensualités. La solution consiste alors à choisir un engagement qui montre de la souplesse dans les modalités de remboursement, d’où le concept de modulation de prêt immobilier.

Il faut savoir que cette possibilité n’est pas proposée par tous les établissements bancaires. Ceux qui permettent la modularité du prêt émettent aussi des conditions différentes d’une banque à l’autre.

Le mode de fonctionnement de la modulation d’un prêt immobilier

Comme on peut l’imaginer, augmenter ou baisser sa mensualité de prêt ne peut se faire à tout moment ni même selon le bon vouloir de l’emprunteur.

La banque ne manquera pas d’émettre des conditions parmi lesquelles on retrouve le plus souvent l’écoulement d’un délai minimum de remboursement avant de pouvoir prétendre à la modulation du prêt immobilier. Celui-ci est généralement de 1 an.

Ensuite, la banque plafonne le plus souvent le montant de la baisse ou de la hausse des mensualités. L’idée est de permettre à l’emprunteur de moduler ses remboursements en fonction de sa situation financière tout en s’assurant pour la banque que le prêt sera remboursé au cours d’une période qui doit rester raisonnable. Généralement, les banques limiteront une baisse de mensualité à hauteur de 30%, ou encore une augmentation de durée qui ne dépasse pas 2 ans. Encore une fois, chaque banque dispose de ses propres règles.

Il ne faut pas s’étonner que certaines banques réclament une pièce qui justifie la demande de modulation, c’est-à-dire qui vient confirmer que quelque chose a bien changé dans la situation financière de l’emprunteur.

Enfin, pour qu’un prêt immobilier soit modulable, une clause prévoyant cette possibilité doit avoir été insérée dans le contrat de prêt.

Le choix entre baisse et hausse de mensualité

La modulation d’un prêt immobilier se fera soit dans le sens de la baisse soit dans le sens de la hausse des mensualités de remboursement.

La première option conviendra aux personnes qui se heurtent à une baisse de revenus et donc à des difficultés pour réunir le montant qu’elles doivent verser mensuellement à la banque à titre de remboursement de leur prêt immobilier.

Toutefois, il faudra se souvenir que baisser les mensualités entraîne nécessairement l’allongement de la durée du prêt. La banque exigera alors des intérêts supérieurs à ceux initialement prévus.

Dans la pratique, cette modulation se fait d’ailleurs de manière temporaire, c’est-à-dire sur quelques échéances uniquement et ce, pour que l’emprunteur ne se retrouve pas devant un prêt qui lui revient extrêmement cher en fin d’échéance.

Par contre, une augmentation de mensualité se révèle être bénéfique pour les emprunteurs qui ont la chance de voir leurs rentrées d’argent augmenter par rapport à la période où ils ont contracté le prêt immobilier.

Ce choix viendra raccourcir la durée de leur engagement tout en baissant le coût final du crédit étant donné la diminution des intérêts à payer à la banque. Ici, la modulation du prêt immobilier devient alors une alternative à étudier par rapport au remboursement anticipé.

Le coût et la fréquence de la modulation

La modulation d’un prêt immobilier entraîne nécessairement des changements dans le coût final d’un prêt immobilier. Celui-ci sera amoindri dans le cas d’une hausse de mensualité et sera par contre augmenté en cas de baisse.

Le fait est que les taux d’intérêt et les cotisations au titre de l’assurance emprunteur auront tendance à s’étirer dans le temps et donc à augmenter ou au contraire à diminuer en fonction du type de modulation choisie.

Il faut aussi savoir que le contrat de prêt peut prévoir la possibilité de demander une modularité à plus d’une occasion pendant son remboursement. Dans ce cas, l’emprunteur pourra adapter ses mensualités en fonction de sa situation, ce qui s’avèrera être très pratique lorsqu’il s’agit d’un engagement sur une longue durée comme 25 ou 30 ans.

Bien que la modulation ne constitue pas à proprement parler un critère permettant de juger du coût d’un prêt immobilier, elle ne peut être ignorée et peut contribuer à l’optimisation de l’engagement ainsi pris auprès de la banque.

Un exemple de modulation de prêt immobilier

Un exemple concret vous permettra de vous rendre compte des conséquences de la modulation de votre prêt immobilier :

Prenons un emprunteur qui s’engage sur un prêt de 200 000 euros et un taux d’intérêt de 2% à rembourser sur 20 ans. Il aura alors à s’acquitter de 1012 euros de mensualités pour des intérêts se chiffrant à 42 824 euros. Estimons la cotisation de son assurance emprunteur à 50 euros.

Au bout de 5 ans, l’emprunteur a vu sa situation financière évoluer ce qui lui permet de verser plus d’argent à la banque tous les mois. A l’état actuel des choses, le capital à rembourser se chiffre alors à 157 226 euros tandis qu’on peut enlever aux intérêts encore dus 17 933 euros et à l’assurance 3 000 euros.

L’emprunteur obtient de sa banque une hausse de mensualité de 20% et peut alors rembourser 1214 euros par mois.

Il en résulte que si le prêt s’était déroulé normalement, sans aucune modulation, l’emprunteur s’en serait libéré au bout de 15 ans alors que maintenant, avec l’augmentation de ses mensualités, il ne lui reste plus que 12 ans et 3 mois à écouler.

Enfin, il gagne aussi du point de vue des intérêts qui restent dus qui sont désormais de 20 176 euros au lieu des 24 891 euros obtenus en faisant la soustraction entre les intérêts initiaux et ceux payés au bout de 5 années.

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